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le hollandais volant

Site original : le hollandais volant

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France 451

samedi 31 octobre 2020 à 11:39

Plutôt que d'autoriser l'ouverture des petits commerces qui ont désormais tous les équipements (gel, masques, etc.) alors que les grands supermarchés sont eux bien ouvert, la France a fait ça dans les supermarchés :

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Source et quelques autres images aussi :

France 2020
Fahrenheit 451

Même résultats.

Car je suppose que tous les autres rayons non-vitaux restent, eux, bien ouverts : rayons bricolage, électroménager, multimédia, décoration, auto, jouets, mode...

ÉDIT du lendemain : ah ben voilà, le gouvernement va faire fermer tous les rayons de produits qu’ils auront décrété comme « non-essentiel ». Alors même si je n’adhère pas à cette solution (c’est de l’égalitarisme par le bas), au moins c’est cohérent.

Et n’oubliez pas : il suffira de leur dire ce dont vous avez besoin, ils vous expliqueront comment vous en passer (c’est de Coluche, un peu reformulé).

Spam ton spam

vendredi 30 octobre 2020 à 16:20

Logo du Copyreich.
Lire :

Gee (un collègue blogueur) se fait censurer sur RedBubble, un site qui fait des vêtements et accessoires personnalisés, car une de ses caricatures contient le mot « spam ».

Spam, comme pour les courriels indésirables. Un mot banal, en somme.

C’est qui qui a demandé la suppression ?
C’est juste l’entreprise agroalimentaire Hormel Foods Corporation qui fabrique le jambon épicé « spam » (pour « spiced ham ») :

Du jambon « Spam ».
Donc en 2020 on en est là, niveau #copyreich.

Ah et ça intervient quelques jours après que le guitariste de DragonForce (un groupe de musique) s’est également vu censurer pour avoir joué, sur Twitch… ses propres chansons. Sa maison de disques a dû penser que cela transgressait le droit d’autre là-aussi. Du coup y en a encore qui pense que le droit d’auteur protègent les auteurs et la création ?

M’enfin, Gee dit s’en foutre que RedBubble le censure (ce dernier semble d’ailleurs également se battre les couilles des créateurs vu qu’ils ne lui répondent pas). Tant mieux pour toi, Gee, mais cette histoire m’a quand-même donné envie de troller un peu (on est vendredi, j’ai le droit).

Censurez donc ça, Hormel Foods Corporation :

SPAM
SPAM
SPAM
SPAM
SPAM
SPAM
SPAM
Trollface.

Fr-OSS sous Windows sans installer quoi que ce soit

vendredi 25 septembre 2020 à 14:21

Photo d’un clavier.
Il y a quelques jours je postais une note pour dire que c’était la galère pour écrire français sous Windows.

En fait, non, c’est possible et c’est aussi simple qu’installer un petit programme qui va modifier la disposition du clavier et en faire un clavier Fr-OSS (programme fourni par Microsoft, mais qui n’est pas installé par défaut malheureusement).

Sauf qu’installer un programme n’est pas toujours possible, en particulier dans un environnement où l’on ne peut pas installer tous les programmes que l’on souhaite (par exemple au travail).

Roland (un lecteur) me signale l’existence du programme Portable Keyboard Layout.
C’est un vieux truc (ça date de 2009), mais ça marche encore.

Il n’y a pas besoin d’installer quoi que ce soit, juste de pouvoir exécuter (pas besoin non plus des droits admin) un petit .exe qui va mettre une icône dans la zone de notification.

En ligne, j’ai trouvé les dispositions Colemak et Bépo, mais évidemment pas Fr-OSS.

Du coup je l’ai créé et la voici :

Il suffit de dézipper le fichier, de mettre ça où vous voulez et de lancer l’exécutable pkl.exe qu’il y a dedans (et si besoin ajouter ce .exe à la liste des programmes lancés au démarrage).

C’est tout. L’icône apparaît dans la zone de notification.
Un clic dessus et il se désactive, un nouveau clic dessus et il se réactive.

Pour ma modif, j’ai seulement modifié manuellement le fichier layout.ini et j’ai viré tout le reste. Je n’ai pas fait les images pour aider à afficher la disposition du clavier.

Avec ceci, au moins, vous pouvez taper des Æ, É, À, Ç, «», et ’. Comme sur un clavier Fr-OSS disponible sous Linux, sous le nom « français — alternative ».

La seule différence avec le Fr-OSS sous Linux, ce sont les touches mortes : dans cette version, bien qu’ayant respecté leur position, je l’ai considérablement étendu en reprenant la liste des touches mortes du Bépo (on peut donc taper à peu près n’importe quel diacritique de l’alphabet latin, et il y en a un paquet).


Il subsiste quelques bugs.

Ainsi, si vous activez le verrouillage majuscule (avec CapsLock), les lettres seront en majuscule, mais les lettres sur la ligne numérique (éàçè) resteront en minuscule. Sous le Fr-OSS, en tout cas sous Linux, ces lettres sont en majuscules quand le verrouillage majuscule est activé.
Sous Azerty normal, cela affiche les chiffres (comme avec Shift).

Image d’en-tête de Sergi Kabrera

Sehnsucht

samedi 19 septembre 2020 à 18:00

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Sehnsuch est le titre d’une chanson d’Equilibrium. La signification de ce mot n’est pas traduisible facilement (voyez là), mais se rapprocherait de ça : « le sentiment d’un manque émotionnel envers un but ou une situation inatteignable ».

Le sens n’importe pas beaucoup ici, quoique, mais c’est surtout les paroles de chanson qui sont frappantes :

Es wird nicht möglich sein, die Kriegerischen Instinkte einer einzigen Generation auszurotten
Die Menschen müssen weiterhin kämpfen, aber nur wofür zu kämpfen lohnt
Und das sind nicht imaginäre Grenzen, Rassen vorurteile oder Bereicherungsgelüste
Die sich die Fahne des Patriotismus umhängen
Unsere Waffen, seien Waffen des Geistes, nicht Panzer & Geschosse
Was für eine Welt können wir bauen, wenn Wir die Kräfte die den Krieg entfesselt, für den Aufbau einsetzen.

Que je traduis ici librement :

Il ne sera pas possible d’extraire les instincts guerriers en une seule génération.
Les hommes doivent continuer de se battre, mais seulement pour ce qui en vaut la peine.
Ce ne sont pas les frontières imaginaires, les préjugés raciaux ou un désir d’enrichissement qui pendent au drapeau du patriotisme

Nos armes, qu’elles deviennent des armes de l’esprit, pas des chars et des balles

Quel genre de monde pourrions-nous construire, si nous utilisions pour cela les forces allouées à la guerre ?

Actuellement, le budget militaire mondial est d’environ 2 000 milliards de dollars par an.

Soit grosso-modo 275 dollars annuels par personne (très inéquitablement réparti).

A titre de comparaison, le LHC au CERN qui nous coûtent siiiiiiiii cher pour permettre aux geeks de faire mumuse (!) a coûté 10 milliards sur 25 ans, soit seulement 1,14 € par européen et par an (alors qu’en réalité il est financé conjointement par 130 pays, pas juste l’Europe, donc ce chiffre est à réduire).

Pour L’ITER, dont le coût provisoire estimé est de 18 G€, et qui n’est pas fini, nous on somme à à peine plus, à environ 1,55 € par européen et par personne (là aussi, c’est un projet mondial, pas juste financé par les Européens).

Enfin, l’ISS initié par la Nasa, dont l’estimation du coût est à 100 G$, ça revient toujours à « seulement » 10 $ par an et par américain (là également, ce projet n’est pas financé seulement par les Américains).

Bref, juste pour dire : ne nous trompons de pas combat.

Le CERN nous a apporté le web et tout ce que nous y faisons et y gagnons.
L’ISS et la Nasa nous ont apporté la recherche spatiale et des milliers de trucs qui en découlent (couverture de survie, chirurgie ophtalmique, kevlar, recherche contre l’ostéoporose…)
L’ITER pourrait nous apporter une énergie propre pour les milliers d’années qui viennent : son but est d’étudier cette possibilité, justement.

Alors oui, les plus gros inventeurs (en tout) est et a toujours été l’armée.
Car chercher comment tuer c’est aussi chercher comment ne pas se faire tuer par un autre et chercher comment soigner les blessures.

C’est pour ça qu’ils sont responsables des inventions comme la superglue (pour recoller les plaies), la chirurgie en tout genre (pour soigner les blessés), la météorologie (les radars militaires détournées en radar météo qui sauvent des vies en détectant les cyclones assez à l’avance), l’observation spatiale (la première lunette, celle de Galilée, fut inventée pour voir l’ennemi de plus loin)… Les exemples ne manquent pas.

Nier ça serait une erreur. Mais ce sont aussi ceux qui font le plus de ravages en tout genre. Et ils nous coûtent 200 fois plus de pognon que ceux qui cherchent à faire avancer le monde sans détruire le reste.

Ne nous trompons pas de combat. La science coûte cher, mais elle nous rapporte plusieurs fois plus, directement et indirectement et permet de faire avancer le monde.
L’armée ça coûte 200x fois plus cher, mais c’est avant tout pour détruire le monde, pas le faire avancer.

image d’en-tête de Specna-Arms

Le « paradoxe de Pôle Emploi »

lundi 24 août 2020 à 17:13

Photo d’une devanture d’un Pôle Emploi.
Imaginez, vous bossez à Pôle Emploi. Vous savez que cette agence existe, car il y a d’un côté des gens qui proposent du travail et de l’autre des gens qui voudraient du travail, et que mettre en relation ces deux groupes de personnes est parfois compliqué. Votre travail consiste donc à apporter une solution à ce problème.

Maintenant, imaginez que vous êtes doué : vous arrivez à trouver un poste pour le monde et durablement. Grâce à vous, il n’y a plus aucun demandeur d’emploi. C’est super, n’est-ce pas ?

Sur le papier, effectivement c’est cool : c’est le plein emploi, tout le monde devient contribuable et rempli les caisses de l’État et plus personne pour les vider (hormis les hauts fonctionnaires, mais c’est un autre débat, merci).

Sauf que maintenant, le problème que vous deviez résoudre est résolu. Votre mission est remplie. Pôle Emploi n’a plus lieu d’être et est dissoute.
Résultat : vous vous retrouvez au chômage.

Question : étant au chômage et vu que Pôle Emploi n’existe plus, que faites-vous ?

C’est ça que j’appelle le « Paradoxe de Pôle Emploi ».

Pôle Emploi, en simplifiant bien sûr, existe pour soi-disant résoudre le problème du chômage. Sans chômage, pas de problème et pas besoin de Pôle Emploi, donc du chômage pour ceux qui y bossent.

Cette caricature peut être étendue à d’autres trucs : à quoi servirait la police si tout le monde apprenait et respectait scrupuleusement toutes les lois ? À quoi serviraient tous les écologistes si le monde devenait de nouveau 100 % propre ? à quoi serviraient les garagistes si les constructeurs fabriquaient des véhicules parfaitement fiables et inusables ?

Il faut faire attention à ce stade car ça permet de tomber rapidement dans le complotisme. Par exemple, une des raisons parfois avancée pour expliquer l’absence de traitement soignant le cancer est que « big pharma » n’a pas intérêt de soigner les gens une seule fois pour toutes alors qu’ils peuvent les maintenir en vie sous perfusion durant 20 ans et être rémunérés en continu.

Il y a certaines choses pour lesquelles nous n’avons pas de solutions (le cancer par exemple), d’autres qui ne peuvent pas être évitées (certaines maladies bénignes, qui seront toujours là pour rémunérer les pharmaciens, médecins, etc.).

Pourtant, cette notion n’est pas absente de la vie courante. À mi-chemin entre l’exemple des voitures fragiles et celui de big-pharma, se trouve tout ce qui comprend l’obsolescence programmée : c’est un fait que certains composants de certains appareils sont faits pour s’user plus rapidement que nécessaire, histoire de les rendre inopérants et forcer au client de dépenser son argent de nouveau.

L’exemple typique et l’un des plus connus est celui des lampes à incandescence : le "Cartel Phoebus" regroupait alors tous les plus grands fabricants mondiaux de lampes, et ils ont décidé de réduire la durée de vie de celles-ci à 1 000 heures maximum, histoire que le client rachète toujours de nouvelles lampes et continue de payer.
Aujourd’hui, le principe de l’obsolescence programmée refait régulièrement surface avec plus ou moins de justification, mais c’est un concept bien réel.

Il y a néanmoins certains cas où ce genre de chose est utile, contrôlé et voulu. Par exemple avec des pièces d’usures : il faut mieux changer ses plaquettes de frein (usables) que ses disques (durables), car c’est plus facile et moins cher, et toujours plus sûr que de mettre des freins inusables mais mauvais qui forcerait à changer de voiture à chaque fois que vous freinez, car vous vous retrouvez dans le fossé. Il s’agit d’un compromis.
Un autre exemple est celui des pièces « fusible » ou « martyr ». L’exemple avec lequel j’ai découvert ça il y a longtemps est celui des presses pour faire les bottes de foin : quand on allait trop vite, cela provoquait un bourrage et la presse risquait la panne. Pour éviter que ça n’arrive, il y avait alors un écrou fusible qui se cassait et arrêtait le ramassage de l’herbe et bloquait la presse. Il fallait alors retirer le trop plein de foin et mettre un autre écrou fusible. Ici, plutôt que de risquer d’exploser la presse, on cassait un écrou.
Aujourd’hui, ceci existe également à plein d’endroit, sous la forme de fusibles électriques dans tous les appareils électroménagers par exemple.

Pour en revenir à Pôle Emploi, la question se pose si l’on doit leur faire confiance : leur rôle est de résoudre le problème qui justifie leur existence. Le problème résolu, leur existence n’est plus nécessaire. Pourquoi chercheraient-ils à résoudre le problème, dans ce cas, si ça signifie à peu de choses près leur suicide ?

Plus généralement, est-ce que l’on doit faire confiance à quelqu’un dont le rôle est justifié par un problème qu’il est censé résoudre ?

Ce genre d’institutions, tout comme celui de l’exemple de la police, existent parce que le monde est imparfait. Dans une société parfaites, elles ne seraient pas nécessaires. Or elle ne l’est pas, donc elles sont là, ces institutions. La question est juste de savoir si leur existence sert effectivement à rendre le monde parfait, ou justement à la garder merdique pour continuer d’exister.

Pour une institution publique idéale payée par nos impôts, il y a peu de chances de les voir détruire le monde pour s’assurer une existence : personne ne les laisserait faire, surtout pas ceux qui contribuent à les financer (c’est-à-dire nous), n’est-ce pas ?
Pour une entreprise privée, donc le but est de perdurer dans l’avenir, de s’accroître et de payer des dividendes… c’est nettement plus compliqué. Ou pas justement : la réponse est bien plus simple, en fait : si Pôle Emploi était privée, il y a de fortes chances qu’il ferait tout pour qu’il subsiste un nombre critique minimal de chômeurs à tout moment, pour pouvoir exister et dire « on peut encore servir ».

Privatiser Pôle Emploi serait donc dangereux, je suppose.

En réalité, il en va de même pour tous les services publics : tous sont là (en théorie) pour trouver des solutions à des problèmes. Mais s’il n’y a plus de problèmes, leur disparition n’est pas un problème : c’est juste le signe d’un problème résolu, ce qui est un bon signe.

Pourtant, de plus en plus d’institutions publiques sont privatisées, avec les problèmes que ça comporte : en particulier la recherche du profit à court et long terme, plutôt que la résolution du problème qui les ont fait naître.

Je pense qu’il faudrait qu’on se remémore ça la prochaine fois qu’on dit « vivement que la SNCF soit privatisée ! », ou « vivement que les hôpitaux soient tous privatisés ! », ou la sécu, la poste, la banque centrale, les autoroutes et les nationales, les aéroports, les parkings, l’énergie, l’eau, la téléphonie…

Autant je n’ai rien contre que des boîtes privées construisent leur propre trucs de leur côté (ça s’appelle la liberté d’entreprendre et doit être encouragée) car le contribuable moyen n’y voit aucun intérêt (souvent à tort, là aussi c’est un autre débat), autant il y a certains trucs qui doivent tout simplement rester publiques.


Note 1 : ce titre est de moi. Je n’ai pas regardé s’il y avait autre chose correspondant à cette dénomination, ni s’il y avait déjà un autre nom pour ça.

Note 2 : je considère ici que Pôle Emploi est une agence d’emploi destinée à aider pour trouver du travail. Je mets de côté le fait que l’on sait tous qu’il s’agit avant tout d’une pompe à fric qui ne sert pas à mettre en relation des travailleurs et des patrons (pour lesquels il y a des boîtes d’intérim et les RH).

image de Gongashan