Je nuancerais sur deux points.
Premièrement : les pesticides sont-ils plus dangereux que les champignons et organismes contre lesquels ils nous protégent ?
(Ne me lancez pas sur « c’est naturel, donc c’est forcément bon ! »).
C’est assez régulier que des produits « bios » sont sous un rappel à cause car du coup c’est plein de trucs toxiques (qui ne seraient pas là si des pesticides avaient été utilisés) :
https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20250926142335
https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20251011125418
https://agriculture.gouv.fr/risque-dintoxication-alimentaire-lie-la-presence-de-datura-dans-des-lots-de-farine-de-ble-noir-bio
Deuxièmement : le taux de détection.
Nos spectromètres et autres machines sont assez sensibles pour trouver n’importe quelle produit sur n’importe quel objet. Même si ce n’est qu’une molécule à l’état de trace, les machines vont la trouver, et t’auras un écolo pour hurler derrière et crier au scandale.
Pourtant, dans beaucoup de cas aujourd’hui, c’est absurde.
Je reprends l’exemple de la bière dont j’avais parlé récemment : ils ont trouvé du glyphosate dedans. Sauf que le taux est tellement bas que si l’on cherchait à atteindre la dose létale, alors la quantité de bière serait telle qu’on aurait ateint la LD50 de l’eau elle-même très longtemps avant ça. Et je ne parle pas du taux d’éthanol. Ni du sucre. Ni du CO2 dans les bulles.
Voir là : https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20250613062244
Ou là : https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20250122195701 (pour le même truc avec les glaces Ben&Jerry)
D’ailleurs, le rapport est on ne peut plus clair :
Ce rapport étudie la fréquence de détection de résidus de pesticides dans des aliments végétaux et leurs fréquences de détection en fonction de leurs classes de danger.
En aucun cas il ne prétend évaluer le risque posé par ces résidus.
Et plus loin :
[…] il n’est pas question de calculer dans le cadre de ce rapport un éventuel risque associé à la présence de ces résidus […]
Ils comptent le nombre de détections, pas la quantité détecté. S’ils détectaient une seule molécule de glyphosate dans un kilo de farine, ils le compteraient. Quand bien-même, cela serait sans danger (une seule molécule, on parle).
Donc oui, ce rapport est là. La méthode est très probablement rigoureuse.
Mais la conclusion n’est pas « ces fruits sont dangereux ». De leur propre aveu.
Ce que je me demande, c’est que si leur rapport ne sert pas à montrer quel produits sont dangereux, à quoi sert-il ? On a des valeurs, c’est joli tous ces tableaux, mais quel est le but ?
Or, quand je vois Reporterre, Générations Futures, ou autres EELV ou Greenpeace qui militent pour militer, bien souvent contre des trucs qu’ils ne comprennent pas, et bien souvent à but politique et pour vendre de la peur, je ne peux pas les prendre au sérieux. ONG ne veut pas dire que ce sont des Saints.
Comme j’ai dit, c’est juste mon avis personnel. Ça ne veut pas dire que je bois du glyphosate au petit déjeuner. Juste que je ne prends pas au sérieux les études orientées de ces soi-disant ONG, à titre personnel.
Le troisièmement que je n’avais pas prévu : le bio ne signifie pas sans pesticides.
Au contraire : les professionnels du domaine militent pour leur usage. Oui c’est assez drôle quand on y pense :
https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20251011125418
Et on a là aussi assez régulièrement des rappels de produits bio pour excès de… pesticides :
https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20241011123310
https://lehollandaisvolant.net/?mode=links&id=20250115053623
En conclusion
Oui je suis [devenu] très critique envers cette mode du « bio ». C’est juste plus cher pour des raisons fumeuses.
Je ne dis pas que tout est à jeter, ni que ça n’a pas d’intérêt. Généralement les magasins dits « bios » vont aussi dans une démarche de produits de saison, des produits qui ont poussés naturellement (donc ont plus de goût), vont de paire avec une démarche éthique (prix plus justes), écologique au sens large (circuits courts, etc.), économique (moins d’intermédiaires, moins de gâchis, etc.), et favorisant la diversité (les légumes oubliés, ou anciens, ou rares) qui sont également importantes, et qui [me] suffisent à parfois y faire des courses.
Je dis en revanche, et seulement pour ce que ça vaut et mon propre compte (comme tout sur ce site, je le redis et j’insiste), que si j’achète un produit bio, ce n’est ni pour l’absence de pesticides, ni parce que c’est meilleur pour la santé.
Pour la simple raison que ce n’est pas le cas : le bio autorise un sacré paquets de produits, et parfois certains produits non-bios sont moins mauvais que les champignons/organismes qu’ils tuent et qui sont présents sur les produits bio.
De là à dire que c’est du foutage de gueule, il n’y a qu’un pas, et je le franchis sans aucun problème.
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