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le hollandais volant

Site original : le hollandais volant

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Quand vous demandez quelque chose à un webmaster

lundi 19 avril 2021 à 17:58

Parfois, en ligne, on voit des choses qui nous déplaisent. Et parfois, on aimerait aussi voir ces choses disparaître.

En tant qu’éditeur d’un site web, j’ai déjà eu des demandes (très rares) de personnes qui voulaient que je supprime des choses de mon site. Généralement ça se passe bien : la personne utilise mon formulaire de contact (ou un autre biais), se présente, pose sa demande et la motive, et j’avise si je considère que la demande est légitime.

Par exemple, il m’est arrivé, une fois, de retirer une capture d’écran d’une page web tierce à propos d’un fait divers. Dans cette capture apparaissait la photo de quelqu’un. Cette personne, m’a dit que c’était elle, et je l’ai supprimé (droit à l’image, etc.).

Une autre fois, par contre, un vendeur en ligne qui m’a demandé de retirer un avis que j’avais mis sur mon site. Je démonte rarement les gens, et jamais gratuitement. Aussi, en l’occurrence, ledit vendeur m’avait arnaqué, insulté, menacé de mort, usurpé mon identité et ça a fini en plainte. L’arnaque, elle, a été réglée au tribunal (avec 30 pages de parties civiles parmi les plaignants, dans le compte rendu de l’audience).

Cet avis, pour le coup, est toujours en ligne. Je n’ai pas cédé. Je n’ai pas à céder. Je ne céderais pas devant ce genre de requêtes.

Sur un site web, je dis ce que je veux, du moment que c’est dans la loi.

Ça ne vous plaît pas ? Ne lisez pas.

Ouvrez un blog vous-même et dites que vous n’aimez pas ce que j’écris : je vous y encourage. Tant que c’est fait dans le respect, je n’aurais rien à dire non plus : vous avez les mêmes droits que moi, et que tout le monde
Si vous m’insultez de tous les noms, par contre, attendez-vous à recevoir une convocation par la justice pour injure ou diffamation.

Mais ne venez pas me dire ce que je dois écrire ou non sur mon site web.

ÇA JE NE LE TOLÉRERAIS PAS.

En l’occurrence, aujourd’hui, on vient me demander de retirer un lien vers un tweet. C’est un lien dans mes liens « au fil du web ».

Le tweet est une vidéo humoristique. Notez que je ne fais qu’un lien vers le tweet. Je n’ai pas recopié la vidéo, pas recopié ni intégré, ni fait de capture d’écran du tweet.

Pourquoi je devrais retirer ce post ?

En l’absence de raison que je juge valable, et malgré avoir en demandé une, je refuse : mon post n’est qu’un lien. Twitter non plus n’interdit pas (encore) de faire des liens vers les tweets. Par ailleurs, rien n’indique que la vidéo appartienne à la personne qui est venue me demander de la retirer.

Ce que j’ai fait, du coup, c’est un retweet du tweet « incriminé » et je change le lien sur mon site vers le lien de mon retweet. La seule raison pseudo-valable que je pouvais voir, c’est une altération des stats sur le tweet… J’ai donc jugé que cette solution solutionnerait le problème : plus de référer provenant de mon site.

Résultat ?
La personne inquisitrice m’insulte.

Là autant vous dire que c’est mort : je ne supprimerai pas mon post. Raison valable ou pas ; et ça pour trois raisons :

  1. je n’ai aucune obligation de faire quoi que ce soit ;
  2. si vous voulez supprimer un tweet, supprimez le tweet. Ne venez pas nous faire chier avec un lien vers un tweet (et juste un lien) ;
  3. si vous ne voulez pas qu’une vidéo soit en ligne, ne la mettez pas en ligne pour commencer.

Il y a une raison pour laquelle je parle de « mon site » : car c’est justement « MON site ». J’y mets ce que je veux et seule la loi est la limite de ce qui peut m’être reproché.

Pour tout le reste, si vous n’aimez pas : tant. pis. pour. vous.
Dîtes-le si ça vous chante, faites le savoir, mais ne me le reprochez, et ne me demandez pas de le supprimer.

#EmmanuelMacronFacts

mardi 30 mars 2021 à 19:22

Dieu Macron.
Lire : Comment l’entourage d’Emmanuel Macron met en scène un président qui serait devenu épidémiologiste

Selon le gouvernement, Macron lirait tout sur le coronavirus et serait devenu un expert, au point de pouvoir se passer de l’avis de la communauté scientifique. Probablement pour ça qu’il n’y a jamais eu autant de malades, de morts, et que la France est la risée du monde encore une fois.

Bien-sûr, Internet ne rigole pas avec ça et par conséquent, notre cher Président prodige a droit à son hashtag : #EmmanuelMacronFacts, calqué sur les fameux Chuck-Norris Facts.

Je vous laisse rigoler, c’est vraiment drôle :

La seule fois de sa vie où Emmanuel Macron a fait une erreur c'est quand il a cru qu’il s'était trompé. #EmmanuelMacronFacts
@Nain_Portekoi
Les blagues concernant Chuck Norris sont basées sur la vie d’Emmanuel Macron. #EmmanuelMacronFacts
@BougroisGoiste
Quand Emmanuel Macron observe une particule quantique, il arrive à identifier sa position ET sa vitesse. #EmmanuelMacronFacts
@XanderSheep
Quand Emmanuel Macron va chez le médecin, c'est parce que le médecin est malade. #EmmanuelMacronFacts
@KilenNico
Quand Graham Bell inventa le téléphone en 1876, il avait déjà 2 appels en absence d'Emmanuel Macron #EmmanuelMacronFacts
@Arnaud_Nymous
Emmanuel Macron connait la dernière décimale de Pi. #EmmanuelMacronFacts
@Nain_Portekoi
« Si on loue le Seigneur, c'est parce qu'Emmanuel Macron est hors de prix. » #EmmanuelMacronFacts
@ambianarum
Emmanuel Macron a voulu rentrer à l’Élysée à bicyclette. Il a accidentellement remporté le tour de France. #EmmanuelMacronFacts
@_taupy_
Emmanuel Macron porte des lunettes de soleil pour protéger le soleil de ses yeux #EmmanuelMacronFacts
@TheDirtyBenny

Beaucoup d’autres sur Twitter : #EmmanuelMacronFacts.

Liste des fichiers à avoir sur son site

lundi 29 mars 2021 à 17:56

En plus des traditionnels « favicon.png » ou « robots.txt », qu’on doit mettre à la racine de son site, il y a une ribambelle d’autres fichiers qu’il est possible (parfois recommandés, même) d’avoir sur son site.

En voici une petite liste.

Commençons par les fichiers très connus et très utilisés. Vous trouverez beaucoup de ressources à leur propos.

La favicon

Pour que votre site affiche une icône sur toutes les pages, le minimum est de mettre un fichier favicon à la racine de votre site :

/favicon.ico

Le format est spécifique, mais généralement, utiliser un fichier BMP renommé en .ICO fonctionne très bien. La favicon est traditionnellement carrée et de taille 16x16, 32x32 ou 48x48.
Une seule favicon à la racine de votre site suffit pour toutes les pages de votre site, quelque soit leur arborescence (sous-dossiers, etc.). Les navigateurs viendront automatiquement la chercher.

Vous avez la possibilité (en plus du fichier favicon.ico à la racine du site) de spécifier une autre icône dans le code source HTML, grâce à une balise <meta>. Dans ce cas, le format de fichier peut être PNG, SVG ou ce que vous voulez.

De plus, vous pouvez aussi pointer le chemin vers un autre chemin, comme un dossier spécial pour toutes les autres icônes.

Les autres icônes

Chrome, Safari, Edge, Windows 10, Android ou Mac OS peuvent parfois avoir besoin d’une icône spécifique.

Voici quelques exemples :

Il y en a tout un tas, et à chaque fois les formats et les dimensions varient (il n’y a pas encore de standard bien défini pour ça).

Chrome et Windows 10 utilisent aussi des fichiers .manifest en XML pour avoir d’autres informations sur le raccourcis que vous cherchez à faire : nom du raccourcis, couleur principale, quel application doit l’ouvrir, etc.

Créer toutes es icônes à la main est fastidieux. Aussi, le mieux est d’utiliser le site Real Favicon Generator pour cela. Vous lui donnez une seule icône (en PNG ou SVG) et il va vous donner un ZIP avec tous les fichiers. C’est très pratique.

robots.txt

Pour les moteurs de recherche, il faut spécifier un fichier destinés aux ordinateurs robots qui analyse les pages web du monde entier. Ce fichier permet de dire aux moteurs de recherche si oui ou non vous voulez apparaître dans les résultats de recherche. Et si oui, sous quels conditions, quels fichiers, etc.

C’est un petit fichier texte à placer à la racine du site également :

/robots.txt

La syntaxe est décrite ici : robots-txt.com.

Sachez seulement que même si les moteurs de recherche prennent généralement en compte ce fichier, rien ne les y oblige. Je vous conseille donc, si vous ne voulez absolument pas que vos fichiers ne se retrouvent en ligne, de ne pas les publier ou bien d’en protéger l’accès. C’est à vous, le détenteur d’un site, de faire en sorte que vos fichiers soient protégés.

/humans.txt

Si robots.txt est destiné aux robots, le fichier humans.txt est destiné aux… humains !
Rares sont les sites qui le mettent, mais il permet de donner un peu d’information supplémentaire sur le site ou l’auteur.

Là aussi, c’est à la racine qu’il faut le mettre :

/humans.txt

Il n’y a pas vraiment de syntaxe standard : le fichier humans.txt est fait pour des humains et par des humains.

Une idée de syntaxe est proposé sur le site humanstxt.org, mais vous pouvez y mettre tout ce que vous jugerez utile à transmettre aux visiteurs curieux sur votre site.

Mes site disposent de ce fichier aussi. N’hésitez pas à y jeter un œil.

Un sitemap

Ce fichier est une carte de votre site : il contient les différents liens des pages de votre site. À nouveau, il est à la racine de votre site site :

/sitemap.xml

L’idée est là aussi que les moteurs de recherche découvrent ce fichier et voient toutes les pages de votre site d’un seul coup.

Google ou Bing proposent des outils pour leur soumettre vos sitemap (DDG et Qwant n’ont pas d’outils dédiés) : ça leur permet d’enregistrer votre site dans leurs indexes et de savoir par où commencer.

La syntaxe est spécifique et bien décrite sur Wikipedia.

Un fichier manifeste

/manifest.xml

Il n’est pas obligé de le mettre à la racine du site, car il est lié dans une balise méta dans la page, vous pouvez donc le mettre où vous voulez tant que vous liez son chemin dans la balise méta.

Il s’agit d’un fichier qui contient quelques informations supplémentaires pour le navigateur, en particulier mobile : quand vous faites un raccourcis sur votre bureau Android, ce fichier peut être appelé. Par exemple, il permet d’afficher le site avec ou sans la barre de tâches Android, ou même avec ou sans les boutons du navigateur, avec ou sans une icône spécifique, faisant apparaître votre page web comme une application native.

C’est le début de l’intégration d’une application-web progressive (PWA). Ici l’app aura toujours besoin d’une connexion internet pour fonctionner, mais l’affichage se fera en (quasi-)plein-écran sur mobile, sans la barre d’adresse et l’interface du navigateur.

Voir là : Progressive Web App (PWA) — Le fichier Web App Manifest

Un fichier openSearch.xml

Idem : vous pouvez le mettre où vous voulez tant que vous liez son chemin dans la balise méta.

Vous avez déjà vu un site qui propose d’installer un moteur de recherche ? Et ben vous pouvez faire ça également. Notez que cette implémentation est passive : c’est le navigateur qui proposera d’installer le moteur de recherche lorsqu’il le détecte sur votre site, un peu comme quand un site propose un flux RSS et que votre navigateur vous en propose l’abonnement via l’affichage d’une petite icône.

Cela peut être un petit plus pour votre site et c’est très simple à mettre en plus : une simple balise meta et un tout petit fichier XML statique à la base du site. C’est tout. Cela suffit pour que votre site propose un moteur de recherche :

/opensearch.xml

Les explications se trouvent sur Alsacréations. Essayez de regarder dans les options de mon site, par exemple :).

À noter que ceci ne fonctionne que si votre site est doté d’une fonction de recherche (ce que font les moteurs de blog, généralement). On pourrait l’adapter pour qu’il renvoie sur un moteur de recherche existant comme Google ou DDG, avec le paramètre « site: » dans la requête.

Une page security.txt

Il s’agit d’une page indiquant à quelqu’un qui découvre une faille dans votre site comment vous en faire part.
En pratique, il faut utiliser le répertoire .well-known et y mettre le fichier :

/.well-known/security.txt

La syntaxe est décrite sur le site dédié de l’initiative : securitytxt.org.

/ads.txt

Pour les sites qui diffusent de la publicité, il peut être nécessaire de spécifier quels annonceurs sont vos partenaires. Il y a un fichier pour ça : /ads.txt. Il s’agit simplement de la liste des annonceurs présents sur votre site et ce qu’ils y font (vente directe, annonces, etc.). Le standard a été établi pour des questions de sécurité et de lutte contre la fraude dans le domaine de la publicité en ligne.

En soit, le visiteur lambda s’en fiche, mais les annonceurs disposent d’outils pour analyser le fichier /ads.txt :

/ads.txt

La syntaxe et le projet sont décrites là : IAB Tech Labads.txt Specification Version 1.0.2.

Pour ma part, mes sites ne diffusent pas de publicité via des annonceurs. Seuls quelques liens sur mes blogs sont effectivement des liens affiliés (Amazon, ou eBay, ainsi que le lien vers mon hébergeur, dans le pied de page), mais cela reste de simples liens qui n’ont aucune possibilité d’afficher quoi que ce soit ici.

Mon fichier /ads.txt est donc vide.

Des fichiers que je recommande

Ces fichiers là ne sont pas forcément standard, néanmoins je conseille de les avoir.

Votre clé Publique GPG

Pour ceux qui utilisent GPG pour chiffrer les e-mails, vous devriez mettre votre clé Publique GPG sur votre site, en particulier si vous utilisez une adresse e-mail sur votre propre domaine.
Je propose l’un des deux formats suivants :

/pubkey.txt
/pubkey.asc

Je propose de le mettre à la racine du site car c’est là qu’un utilisateur peut commencer à chercher et surtout de le mettre dans un format texte, en ascii.

Vous pouvez également utiliser le fichier humans.txt pour y spécifier votre fichier GPG (c’est ce que je fais personnellement).

Des pages courantes

Selon moi, certaines pages devraient se retrouver sur tous les sites personnels : une page « à propos » par exemple, ou une page de contact.
Dans ce cas, vous pouvez configurer votre serveur pour qu’il affiche des pages sur les chemins /contact ou /about

Les fichiers d’erreurs

Quand vos visiteurs tentent d’accéder à une page qui n’existe pas, le site renvoie une erreur : 404 Not Found. Si la page demandée produit une erreur au niveau du serveur, c’est l’erreur 500 Internal Server Error
Il y a toute une liste d’erreurs comme ça. Les serveurs sont configurés pour afficher une page relativement épurée en cas d’erreurs, mais il est possible de la personnaliser.

Ainsi, si un visiteur cherche un fichier inexistant, vous pouvez afficher une page à vous avec un message personnalisé et un lien de retour vers la page d’accueil.

Rien n’est obligatoire ici, mais c’est toujours sympa d’avoir un site personnalisé jusqu’au bout. Mon site, par exemple, dispose d’une page personnalisée pour l’erreur 404.

Il y a juste une chose à avoir en tête : en cas d’erreur, le serveur ne fonctionne plus normalement. Il faut donc faire une page HTML simple et tout mettre dans cette page (y compris les images, les scripts…), si possible en Base64 : comme ça, le serveur (en erreur) n’a que le fichier d’erreur à envoyer et pas de requêtes supplémentaire, qui pourraient produire des erreurs supplémentaires et possiblement tout planter (voir ici pour convertir en Base64).

Pour conclure

En fait, l’idée derrière ce genre de petits fichiers est d’être trouvables facilement, d’avoir un chemin d’accès identique sur tous les sites, et de contenir des informations utiles.

Avoir un nom identique sur tous les sites, par exemple « /humans.txt », permet à quelqu’un de commencer à chercher même s’il ne sait pas que le fichier est là. Il cherche, mais si le fichier est là, il trouve, c’est tout bénéfique. Un peu comme une page « à propos », ou une page de contact.

Dégager RMS ? Mouais

mercredi 24 mars 2021 à 18:55

Voir :

Je sais pas trop où me placer pour le coup.

Si les faits sont avérés, il doit être jugé pour ça. Il n’y a aucun doute à avoir sur ça.

Après, le dégager de la FSF pour ça ? Sérieusement ?

Même si je n’aime pas trop le personnage, je pense que niveau Librisme, c’est quand-même le type le plus compétent de la Terre : il a inventé et lancé le mouvement, en fait.
Il mérite, lui et son travail, un grand respect pour ça. Et je dis bien pour ça. Le reste n’entre pas en considération au niveau du Libre et je ne vois pas pourquoi ça devrait.

Car balancer par la fenêtre absolument tout ce qu’il a fait et accompli pour une facette sombre de sa personne, c’est abusif.

Comme j’ai dit : ses faits de harcèlement doivent être punis. Mais une fois la peine purgée, on doit pouvoir avoir son compteur remis à zéro. C’est le principe de base d’un système judiciaire : tu fais une faute, tu la répares et te rachète. Ensuite t’es quitte et c’est censé d’apprendre à ne plus recommencer.

Y a un tas d’autres exemples, de gens qui étaient juste des ordures sur certains plans, mais dont le travail est bénéficiaire à tous.

Ça n’enlève rien à ce qu’ils ont fait, et personne ne viendrait discréditer leurs travaux ou la paternité de celles-ci pour ça.

Bref, ça rejoint assez bien la question de la séparation de l’œuvre de son auteur :

Et si je vous disais qu’il n’est pas nécessaire d’aimer une personne pour apprécier ce qu’elle fait ?
Et si je vous disais qu’il est possible d’apprécier l’œuvre, sa forme ou son style, tout en n’étant pas d’accord avec l’ensemble de son contenu, son fond, son auteur ?
Et si je disais que l’on n’est pas obligé d’être d’accord avec 100 % de ce que dit ou fait une personne, mais seulement une partie ?
Et si je vous disais qu’on peut respecter quelqu’un tout en n’étant pas forcément d’accord avec tout ?

Bref, tout comme je regarde les idées et pas forcément les gens, je serais plutôt de nature à juger des actes plutôt que des personnes et toute leur vie d’un seul bloc.

Aussi, je comprends bien qu’on ne veuille pas aider à donner de la visibilité à quelqu’un qui se comporte comme un connard, autant on peut respecter son travail. Je pense que toute cette « cancel-culture » (virtuellement « tuer » quelqu’un par un jugement populaire) s’inscrit dans une logique plus générale où les comportements déplacés, les harcèlements, ou les viols ne sont pas pris au sérieux par la justice, les forces de l’ordre, et la société dans son ensemble en fait. Du coup, il reste seulement la vengeance populaire en ligne.

Tout ça c’est un problème, c’est sûr.
Mais s’attaquer à gens un par un de cette façon… je ne vois pas en quoi ça le résout.

Parce que si on suit cette logique, si l’on n’aimes pas RMS pour son côté machiste, et que l’on le rejette dans son ensemble, j’ai envie de dire : arrêtez tout de suite d’utiliser tous les logiciels libres dont il a écrit la licence ou le code source (et ça en fait un sacré paquet). Dans ce cas oui, je comprendrais la logique de la démarche : même si je ne la partagerai pas, ça serait logique et intègre.
Car utiliser ses outils tout en lui crachant dessus, ça ne serait ni plus ni moins que de l’hypocrisie.

Linky, Bigdata & tous coupables

dimanche 21 mars 2021 à 19:29

Lire :

Déjà :

Et si un jour les données collectées par le Linky étaient utilisées pour faire sauter vos allocations ?

Je corrige :

*Quand.
*Quand les données collectées par le Linky étaient utilisées pour faire sauter vos allocations

Car si c’est possible techniquement, ça sera fait.

Et ça sera fait : certains y ont déjà songé, en France, de surveiller les données du Linky pour choper ceux qui fraudaient le confinement l’an dernier

Après on bien-sûr, j’entends déjà :

Pour le premier point, je ne puis pas dire le contraire. Je peux juste dire que ça ne nous a pas été vendu ainsi, déjà. Et ensuite, quand on [nous, qui « vous l’avions bien dit »] l’avions dit, le gouvernement et tout le monde nous a bien dit « meeeuuuh non »… alors qu’au final « ben siiiii », ce que perso j’appelle un mensonge.

Après on peut toujours dire que la fraude sociale des pauvres est une goutte à côté de la fraude fiscale des riches (on parle d’un facteur 200, à la louche), mais oui, je sais, ça ne l’excuse pas.

Ce que je veux dire, c’est que n’importe quelle méthode n’est pas justifiée pour autant. Par exemple, on ne va cramer une maison parce qu’il y a un voleur à l’intérieur : ce ne sont pas des méthodes dignes d’un pays civilisé.

Toutes les méthodes ne sont pas justifiables, même pour la poursuite d’une cause qui, elle, est justifiée.

Et puis une autre chose : normalement, quand on traque quelqu’un parce qu’il a commis un méfait, on fait l’enquête après le méfait, c’est-à-dire après une plainte d’une victime.

On ne va pas enquêter sur des innocents pour la simple raison que, quelqu’un, dans le lot, a peut-être pu commettre un méfait dont on serait passé à côté. C’est la présomption d’innocence, tout simplement : « quiconque est accusé d’un méfait demeure innocent [et donc libre] jusqu’à ce qu’il n’ait été prouvé coupable ».
La seule chose qui peut arriver, c’est qu’un coupable s’en tire malgré tout.

Ici, on fait quoi avec le Linky ?
On capte les données de tout le monde, on analyse tout ça et on regarde qui parmi tous a commis un méfait. On enquête sur tout le monde, partout, tout le temps : tout le monde est sous enquête, comme s’il était coupable, et on blanchit au cas par cas. C’est de la présomption de culpabilité.

Le risque ? Qu’un innocent finisse condamné, car — bien qu’innocent — sa consommation de courant ne soit pas représentative de la norme, et du coup il se fait flasher par l’algo qui lui coupe ses revenus.

Et ça c’est TRÈS grave.

Il vaut toujours mieux d’avoir un coupable en liberté qu’un innocent en prison.

Sans compter que dans la pratique, on balance toutes les données à des algo dénués d’intelligence humaine et de discernement, qui va couper à tout-va. Déjà qu’au niveau des allocs (dont Pôle Emploi), les employés sont encouragés à couper les droits à un max de monde pour le moindre prétexte…

Malheureusement, encore, et on l’a vu avec Snowden il y a déjà bientôt 10 ans, c’est vers ça qu’on se dirige : on flique tout le monde, on cherche ce qui semble louche et on tire dessus avant de poser les questions.

Donc non : même si choper les fraudeurs, c’est pas mal (au contraire), juste parce que ce sont des fraudeurs ne justifie pas l’emploi de moyens dignes de dictatures. Il y a des principes à respecter.

Et pour le second point, celui où je serais pro-fraude, voire — à en croire certains commentaires [non publiés] que j’ai reçu — j’en serais moi-même un : je dirais simplement que juste parce que je ne suis pas pour l’emploi de tous les moyens techniques possibles pour arrêter une pratique illégale, ne signifie pas que je suis pour cette pratique.

Si on va là, alors autant mettre 50 kilos de TNT dans chaque voiture, et qui exploserait la voiture si elle dépasse les limites de vitesse.

Car, au risque d’en surprendre beaucoup : il n’est pas justifié d’exploser une bagnole juste pour ça. Il n’y a pas besoin de réfléchir bien longtemps pour comprendre que dans de rares occasions, même si c’est illégal et donc répréhensible, rouler trop vite se défend (rassurez-vous : je sais très bien que dans 99,99 % des cas, ils ne se défendent pas).
C’est encore pour ça que toute amende automatique est contestable et que, si besoin, que ça puisse finir devant un juge pour s’expliquer. Au jury ensuite de décider si l’infraction est justifiée (extrême et impérieuse nécessité, par exemple), ou ne l’est pas. Par ailleurs, c’est aussi pour ça qu’on a encore des tribunaux présidés par des humains, et pas juste un tableau dans lequel on regarde bêtement pour savoir à quelle infraction correspond quelle peine.

Un exemple : on a déjà vu des voitures bloqués à haute vitesse par le régulateur, voire qui accélèrent toutes seules. C’est extrêmement rare, oui, mais pas impossible.


Aussi, et je le dis amicalement : dire que quelqu’un est un fraudeur (alors que c’est faux), ou qu’il encourage la fraude, c’est en soi de la diffamation, voire de la dénonciation calomnieuse si la déclaration est faire à un agent de police lors d’une plainte ou d’une enquête par exemple.
Juste saying.